Quelle dose au-dessus des nuages ?

Ce qu’il y a de bien avec les voyages en avion c’est qu’on peut en profiter pour tester facilement son compteur Geiger. Si l’on a pas de compteur on peut aussi regarder par le hublot ou rattraper son retard en films pourris pour passer le temps, mais c’est un peu dommage.

Débit de dose typique en avion : 3,4 µSv/h

À 10000 m d’altitude le débit de dose typique tourne en effet autour de 3 µSv/h, à comparer aux 0,1 µSv/h qu’on observe habituellement au sol. La faute à l’atmosphère qui devient de plus en plus fine lorsqu’on monte et absorbe donc de moins en moins le rayonnement cosmique.

Pour les passagers qui prennent l’avion occasionnellement ce n’est pas un problème, mais pour le personnel naviguant qui passe son temps en l’air c’est un peu plus préoccupant. Depuis 1996 une réglementation européenne impose ainsi aux compagnies aériennes de surveiller l’exposition de leurs employés. Dans le domaine médical ou l’industrie ceci est généralement fait à l’aide de dosimètres, mais pour une raison qui sera expliquée plus tard ce n’est pas possible ici. La solution retenue est donc différente : tous les vols effectués par le personnel naviguant sont renseignés dans une base de données en ligne, à partir de laquelle on peut reconstituer les doses reçues par calcul grâce à un modèle réactualisé périodiquement avec des données fournies par l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et l’Observatoire de Paris.

Là où ça devient intéressant c’est que ce système appelé S.I.E.V.E.R.T. (Système Informatisé d’Évaluation par Vol de l’Exposition au Rayonnement cosmique dans les Transports aériens) est également accessible au public. Il suffit de rentrer les villes de départ et d’arrivée du vol ainsi que les dates et heures correspondantes et le site se charge de calculer la dose reçue. Magique.

À la faveur d’un récent voyage au Japon j’ai également pu réaliser mes propres mesures en vol. Le matériel était destiné à l’origine à faire des mesures sur place, mais quitte à l’avoir sous la main autant s’en servir. Les armes du crime :

Gammascout (à gauche) et logger GPS (à droite)

  • Gammascout : Compteur Geiger disposant d’une fonction très utile qui permet d’enregistrer l’activité et le débit de dose périodiquement (par exemple toutes les minutes ou toutes les 10 minutes).
  • Logger GPS : Comme son nom l’indique il enregistre en continu les coordonnées GPS (latitude, longitude, altitude) de l’endroit où il se trouve.

En se basant sur l’heure des relevés on peut croiser les mesures du compteur Geiger avec les coordonnées GPS et reconstituer ainsi les débits de dose tout au long du vol. En sommant ces valeurs on peut même calculer la dose totale et la comparer à celle estimée par le système SIEVERT.

Ville de départ
Ville d'arrivée
Durée du vol
Dose SIEVERT (µSv)
Dose mesurée (µSv)
Dose totale (µSv)151,946,4
ParisAmsterdam1h152,40,4
AmsterdamTokyo10h5070,619,8
TokyoAmsterdam11h3076,525,8
AmsterdamParis1h152,40,4

On retrouve bien l’ordre de grandeur, mais ma mesure est tout de même loin du compte. Comment se fait-il qu’il y ait une si grande différence entre les deux chiffres ? Me suis-je trompé quelque part ? Les doses estimées par le système SIEVERT sont-elles trop conservatives ? Vous le saurez dans la prochaine note.

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3 réactions à Quelle dose au-dessus des nuages ?

  1. Râle a écrit:

    rhoooo le teasing,
    La suite, la suite !!!

  2. Adri a écrit:

    10000 km d’altitude, ça me parait beaucoup ^^

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